Histoire
Chapitre 3 - La première Guerre Mondiale 1914 - 1918
En 1913, en prévision de la guerre, le Canadian Signal Corps se voit confier les communications au sein des brigades. Le Génie est chargé des communications par lignes et par câbles et reçoit l’effectif nécessaire à neuf détachements de télégraphie (il n’y en avait que cinq en réalité au début de la guerre), chaque détachement étant composé de deux officiers et de 52 hommes, et étant doté de deux chariots de câbles, d’un chariot de lignes aériennes, d’un chariot utilitaire et de 27 chevaux. Les détachements de T.S.F. sont autorisés pour toutes les troupes de campagne du Génie, mais elles ne sont pas encore formées (sauf pour le détachement de T.S.F. no1 original du CE). Le manque de matériel est un problème majeur.
En 1914, l’Armée canadienne compte globalement seulement 3 000 hommes de la Force permanente, aucune réserve et une milice active de seulement 57 500 miliciens ayant reçu une instruction partielle. L’équipement ne convient pas, il manque de personnel et de zones d’entraînement. L’Armée est mal équipée pour la guerre.
À 23 heures, le 4 août 1914, le Canada, parce qu’il fait partie de l’empire britannique, se retrouve en guerre contre l’Allemagne. Le pays commence immédiatement à se rallier derrière le « roi et empereur ».
Lorsque la guerre éclate, les 10 officiers, huit officiers à la suite et
276 hommes du Canadian Signal Corps sont attachés au Canadian Engineers
pour la discipline et l’administration. Ils fournissent les services de
téléphonie, de transmission visuelle et d’estafettes. Fait intéressant,
aucun officier supplémentaire n’est affecté au Canadian Signal Corps pendant
la guerre et la plupart deviennent finalement des officiers de transmissions
pour divers quartiers généraux. Souvent, les officiers d’infanterie assument
les tâches d’officiers des transmissions au Canada. Les préposés aux transmission
du Génie sont répartis en cinq détachements de télégraphie, chacun comptant
un officier et 58 militaires du rang, et un détachement de T.S.F. comptant
un officier et 18 militaires du rang.
Le 6 août 1914, l’Ordonnance générale 142 autorise la formation de la First Canadian Divisional Signal Company. Le 20 août 1914, la compagnie commence à se former à Valcartier. Le personnel de cette unité est un mélange de militaires du CSC, du RCE et du CE. Le commandant en est la major F.A. Lister (infanterie) et il a cinq officiers du CSC et un officier du RCE. Pendant que le major Lister sert à l’étranger, le poste de directeur adjoint des transmissions est occupé par le capitaine W.F. Hadley, du RCE. Par la suite, les compagnies de transmissions de division et du Corps de la Première Guerre mondiale sont des transmetteurs du Génie.
Le 16 septembre 1914, Sir Sam Hughes, Ministre de la Milice et de la Défense, ordonne la formation du Canadian Aviation Corps. La première tentative visant à former une aviation canadienne se révèle un fiasco. L’aviation se retrouve avec un commandant, un autre officier et un aéronef Burgess-Dunne. Il est déployé dans la plaine de Salisbury comme élément du Corps expéditionnaire canadien. L’aéronef se désintègre au cours de l’hiver humide de 1914-1915, le commandant démissionne et l’1 autre membre est transféré au Corps royal d’aviation où il meurt dans un accident, le 4 février 1915.
Quand la guerre éclate, en 1914, L.P. Reading, d’Ithaca, New York, offre ses services à l’Armée canadienne. Vétéran comptant huit années de service dans l’Armée impériale, dont six années en Inde sous le commandement de lord Kitchener, il est enrôlé dans le Canadian Signal Corps. Les talents du signaleur Reading sont bientôt reconnus et il devient le sergent-major Reading et instructeur à l’école des transmissions de Kingston, en Ontario. Il est le premier d’une dynastie de sergents-majors des transmissions; son fils, le sous-officier breveté de première classe S.A.E. Reading sera le sergent-major régimentaire de la Royal Canadian School of Signals de 1965 à 1969 et l’adjudant-chef R.T. Conroy (gendre du SMR s-o br 1 S.A.E. Reading), sera le SMR de l’École du génie électronique et des communications des Forces canadiennes (comme on l’appellera plus tard) de 1975 à 1979.
La 1st Canadian Division Cyclist Company est formée par le Corps of Guides le 20 septembre 1914. Son rôle comprend la collecte du renseignement, l’i nterprétation topographique, les transmissions, les tactiques et l’utilisation de la mitrailleuse légère (mitrailleuse Lewis). Par la suite, le contrôle de la circulation, le travail d’estafette, la garde des prisonniers de guerre, le guidage dans les tranchées, les postes d’écoute et les tireurs d’élite s’ajoutent à ce rôle. Finalement, un Canadian Corps Cyclist Battalion est formé et est désigné « Gas Pipe Cavalry ». Le bataillon essuie 22 % de pertes et est appelé « bataillon du suicide ».
Le 3 octobre 1914, le premier contingent de soldats canadiens, formé de 33 000 officiers et hommes, la plus grande armée à avoir jamais traversé l’Atlantique en une même fois, quitte la baie de Gaspé pour arriver à Plymouth Sound le 14 octobre 1914. Le lieutenant-général Alderson assume le commandement des Canadiens. L’équipement comprend neuf automobiles, 275 bicyclettes et neuf motocyclettes. Le 1st Canadian Divisional Signal Company compte 14 officiers et 252 militaires du rang. Le 13 octobre 1914, l’unité arrive à Enford, dans la plaine de Salisbury.
La compagnie des transmissions commence à s’organiser à Ottawa pour la 2e Division, le 27 novembre 1914. Il s’agit d’une unité de génie entièrement canadienne.
Le 9 février 1915, la 1st Division Signal Company quitte l’Angleterre et arrive à St. Nazaire, en France, le 12 février 1915.
Le 10 mars 1915 voit le début de la bataille de Neuvechapelle. Le téléphone devient rapidement la principale forme de transmissions au front. Il y a seulement quelques appareils de T.S.F. de French conservés par les Canadiens.
Le 8 avril 1915, le Canadian Engineers compte 14 officiers et 492 hommes affectés à des tâches de transmissions, dont :
1re Division canadienne - 8 officiers, 192 militaires
du rang,
2e Division canadienne - 6 officiers, 22 militaires du rang,
Télégraphistes - 80 militaires du rang.
Le 10 avril 1915, la troupe des transmissions (un officier et 23 militaires du rang) de la Canadian Cavalry Brigade se forme à Canterbury, en Angleterre. Son personnel est constitué au départ de militaires du Royal Engineers qui sont par la suite remplacés par des militaires du Canadian Engineers. La troupe rejoint sa formation en France le 17 juin 1915.
Le 13 avril 1915, le premier groupe expéditionnaire comprend en tout 57 692 soldats.
À la mi-avril 1915, la 1re Division s’empare d’un secteur du saillant d’Ypres, comme élément de la 2e armée britannique.
Le 22 avril 1915, la 1re Division est attaquée par l’armée allemande dès les premières opérations de la seconde bataille d’Ypres. À ce moment, des gaz toxiques sont utilisés contre les alliés pour la première fois, tandis que la seconde utilisation dirigée contre les Canadiens, se produit le 24 avril 1915. Les combats cessent le 28 avril 1915.
La 1re Division se bat à Festubert du 9 au 31 mai 1915.
Le 15 mai 1915, compagnie de transmission de la 2e Division canadienne (une unité entièrement du génie) quitte le Canada avec neuf officiers et 313 hommes pour arriver en Angleterre le 24 mai. Le 14 septembre 1915, elle part pour la France.
La 1re Division se bat à Givenchy, en juin 1915.
À l’été 1915, on découvre que les Allemands écoutent les conversations téléphoniques alliées. Les Allemands ont par hasard découvert que les conversations téléphoniques peuvent être interceptées grâce au fil de terre (le sol) des circuits téléphoniques qui utilisent alors un seul fil. Le signal avertisseur peut être détecté jusqu’à 300 verges de distance tandis que la conversation peut l’être à 100 verges avec un équipement rudimentaire que possède l’ennemi dans ses tranchées de première ligne. Les postes d’écoute allemand interceptent bientôt couramment les conversations du front jusqu’à 600 verges de distance. Les alliés découvrent que les messages sont interceptés, mais ne connaissent pas les moyens utilisés par l’ennemi; ils mettent alors en place des points de terre de circuits téléphoniques à une distance de 100 verges à l’arrière du front, cette distance passant à 1 600 verges en 1916, puis ils en viennent à d’autres moyens dont l’utilisation des câbles torsadés ainsi que de noms de code élaborés et de lettres d’appel d’unités; ils développent aussi de nouveaux appareils permettant de faire échec à ces interceptions. Les identités d’unités, les noms d’officiers, les emplacements et les heures deviennent des sujets interdits dans les transmissions électroniques; les contrevenants peuvent même se retrouver devant une Cour martiale. Les Canadiens viennent d’entrer en « guerre électronique ». Il est intéressant de noter que le secret de la façon dont les Allemands écoutaient les transmissions est finalement dévoilé en 1916 par le sergent Lorne Hicks de l’école des transmissions de Barriefield, en Ontario. Pendant une classe de morse, le sergent-instructeur Hicks découvre que son appareil sans fil reçoit le signal d’un ronfleur à faible tension installé à environ 90 pieds plus loin. Cette découverte mène à l’étude scientifique de ce curieux phénomène et aux mesures correctives appropriées. Le fullerphone (mis en production en 1916 et utilisé dans les quartiers généraux de brigade en 1917) utilise un signal morse à courant continu transmis par ce vibreur et ce ronfleur de téléphone pour efficacement éliminer les signaux qui permettent l’interception par l’ennemi. Le fullerphone sera utilisé jusque tard dans la Seconde Guerre mondiale.
Le Corps d’armée canadien est formé le 13 septembre 1915. La Corps Signalling Company, avec un quartier général et deux sections de poseurs de lignes aériennes, appartient d’abord au Royal Engineers, mais le passage au Canadian Engineers commence en février 1916; en avril, les sections canadiennes de poseurs de câble et de lignes aériennes s’ajoutent. Elle quitte la France et, à la fin de l’année, elle devient une unité du Canadian Engineers.
En décembre 1915, la compagnie de transmissions de la 3e Division canadienne est constituée en France. Il y a une autre unité portant le même numéro qui est formée au Canada et qui, à son expédition outre-mer, est démantelée en Angleterre sans connaître le service actif.
En 1915, le Pigeon Service devient une branche spéciale des transmissions et contrôle 20 000 oiseaux. En 1915, pendant la guerre des tranchées, le Corps d’armée canadien utilise 100 pigeons par jour. Les pigeons ont l’avantage d’être relativement insensibles au gaz lacrymogène. En 1916, des pigeonniers montés sur véhicules sont en utilisation.
En 1916, la lampe Lucas, conçue pour utilisation sur terre, remplace les lampes Aldis et Hucks plus anciennes qui ont été conçues pour utilisation air-sol. La lampe Lucas est plus légère et plus facile à porter au sol et son faisceau lumineux est plus étroit.
En 1916, le téléphone est devenu le principal moyen de communication au front. Il est aussi devenu évident que les compagnies de transmission de division et de corps n’ont pas les ressources nécessaires pour la construction et la maintenance des lignes requises. Dans les zones avancées, la seule façon dont les lignes peuvent être protégées contre la destruction consiste à les enfouir à six pieds de profondeur, une opération qui exige beaucoup de main-d’œuvre. Un certain nombre d’unités de « lignes de communications » sont formées en 1916 pour aider à régler ce problème de lignes.
En 1916, chaque division canadienne a 16 estafettes à motocyclette. En 1918,
ce nombre a considérablement augmenté pour compenser l’accroissement des
restrictions imposées aux communications sans fil pour des fins de sécurité.
Les estafettes des transmissions portent l’insigne de spécialiste sur lequel
figure la roue ailée sur le bas de la manche gauche, ainsi que la fameuse
bande bleue et blanche soit sur le bras droit, soit sur les deux bras. La
bande est la marque très visible qui indique leur priorité sur le reste
de la circulation. Les motocyclettes sont aussi utilisées par les poseurs
de lignes pour la patrouille et la maintenance des lignes.
En 1916, une section de T.S.F. du Corps d’armée canadien voit le jour. Les appareils de T.S.F. sont d’encombrants appareils à éclateur. En 1916, des appareils radio améliorés commencent à remplacer les anciens appareils de T.S.F. à éclateur. Un grand nombre de ces appareils sont connus sous le nom de leur fabricant; le Trench, par exemple, tire son nom de celui du fabricant de l’appareil plutôt que son utilisation dans les tranchées, qui se rend par Trench, en anglais. Le Trench est un appareil de T.S.F. basse fréquence à éclateur, d’une puissance de 50 watts, qui utilise une antenne de 50 pieds à trois pieds du sol (l’antenne désigne le conducteur horizontal). Les instructions laissent entendre qu’un groupe d’appareils radio fonctionne mieux s’ils sont tous « sur la même longueur d’ondes »! L’appareil Wilson est un autre précurseur des appareils radio courants qui, s’il est utilisé de concert avec le Trench, peut doubler la portée du réseau. Le Wilson exige une antenne de 12 pieds à 60 verges de hauteur pour obtenir des portées de 4 000 verges, ce qui est vraiment peu pratique dans les tranchées du front.
En 1916, les amplificateurs et les ronfleurs de puissance sont utilisés comme autres moyens de communication. Malgré les inconvénients du fait que les opérateurs transmettent sans accusé de réception, que les signaux sont faciles à brouiller, que les batteries sont lourdes, difficiles à transporter et tendent à fuir, et que tout appareil qui se trouve à portée, y compris ceux de l’ennemi, peuvent recevoir les signaux, ces appareils deviennent les appareils réglementaires au début de 1917. Il est possible d’obtenir des distances de 3 000 verges entre les stations.
En janvier 1916, une école des transmission du district militaire no 3 s’ouvre à Barriefield, en Ontario. La nouvelle école est unique du fait qu’il s’agit de la seule école militaire au Canada où l’on enseigne la T.S.F. Son nom devient bientôt l’emblème du centre d’excellence parmi les centres canadiens et impériaux d’instruction des transmissions et elle forme des centaines de transmetteurs diplômés qui iront servir à l’étranger. Le major D.E. Mundell est le commandant et le capitaine J.C.K. Munsie, le capitaine adjudant, et les sergents-instructeurs L.P. Reading et Harold Reid sont les principaux membres du personnel. En quelques jours, quatre cours sont donnés à l’établissement, dont un cours de T.S.F. qui est donné à 22 stagiaires. Les transmissions sans fil ne sont permises que de 7 heures à 19 heures pour éviter l’interférence avec les appareils commerciaux. Les communications sans fil entre l’école et Parrott Bay et Gananoque sont bientôt un volet régulier de ces cours à mesure que l’on étudie les possibilités des appareils et qu’on les pousse à leurs limites. À 13 h 30, le 17 septembre 1916, le message suivant est transmis par radio par le sergent Reading à partir d’un appareil de T.S.F. déployé en exercice à Gananoque, à l’intention du reporter du Standard (plus tard le Kingston Whig Standard) par l’intermédiaire de la station de Barriefield, dont l’indicatif d’appel est XWD :
ARRIVED IN GANANOQUE 5:15 PM* STOPPED
3 HOURS SIX MILES WEST
OF TOWN WHERE MEN HAD
LUNCH AND ENGAGED IN SPORTS
BASE BALL AND FOOT BALL*
ONLY ONE MINOR CASUALTY ON
WAY DOWN* HE WAS TAKEN
CARE OF BY FIELD AMBULANCE
MEN APPEAR TO BE ENJOYING
THE TRIP ADAPTING THEMSELVES TO
EXISTING CONDITIONS* MANY OF CITIZENS
INCLUDING SENATOR TAYLOR (COLONEL TAYLOR)
MET COLUMN SOME DISTANCE FROM
TOWN AND LEAD THE PROCESSION
IN* CITIZENS PROVIDED PIES AND
CAKES IN ABUNDANCE MEN BEHAVED
EXCEPTIONALLY WELL LAST NIGHT
Traduction : Arrivés à Gananoque 17 h 15* arrêt de 3 heures à 6 milles à l’ouest de la ville où les hommes ont mangé et joué au baseball et au football* Une seule personne a subi des blessures légères pendant le trajet* Les préposés à l’ambulance de campagne l’ont soigné les hommes semblent aimer l’expédition et s'adaptent aux conditions qui prévalent* De nombreux citoyens dont le sénateur Taylor (colonel Taylor) sont venus à la rencontre de la colonne à quelque distance de la ville et ont mené le défilé vers la ville* Les citoyens ont donné des tartes et des gâteaux en grande quantité les hommes ont eu une conduite exceptionnelle hier soir
En février 1916, des postes d’écoute ou des amplificateurs permettent aux alliés de faire l’écoute des conversations téléphoniques de l’ennemi et de contrôler la sécurité des appareils téléphoniques des alliés, et une organisation d’écoute alliée est mise sur pied. Cette organisation de « guerre électronique » est au départ contrôlée par l’inspecteur des postes d’écoute du Quartier général principal, mais la responsabilité de ce travail est déléguée au quartier général du corps d’armée à la fin de 1916. La sécurité devient une préoccupation majeure des Canadiens. Avec l’adoption en 1917 du Fullerphone au niveau de la brigade, les transmissions des alliés sont mieux protégées. Cet appareil téléphonique est doté d’un manipulateur qui utilise un faible courant continu pour la transmission des signaux en morse plutôt que le courant alternatif utilisé par les ronfleurs et le téléphone, ce qui en rend plus difficile l’interception par l’ennemi. Lorsqu’il est utilisé comme appareil téléphonique, cependant, le Fullerphone n’a pas d’avantages par rapport à d’autres modèles, un aspect souvent oublié par les utilisateurs, même pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le 3 avril 1916, la 2e Division canadienne remplace la 3e Division britannique fort éprouvée dans la ligne parsemée de cratères de St Eloi. Devant des attaques massives des Allemands, le commandant, le lieutenant-général Sir Richard Turner, décide, avec l’approbation du commandant du corps d’armées, le général Sir Edwin Alderson, de se retirer de St Eloi et d’« attirer » les Allemands sur un terrain d’abattage méthodique. Le 19 avril 1916, après trois jours de combat, les alliés concentrent un barrage d’artillerie qui, en fait, atteint les troupes canadiennes. Les positions canadiennes ont été incorrectement désignées. Les pertes du Canada se montaient à 1 373 hommes contre 483 pour les Allemands. De nombreux officiers supérieurs britanniques qui ont participé à l’opération sont réformés par mesure disciplinaire tandis que les Canadiens ne le sont pas pour des raisons de sensibilité politique. Le général Alderson est relevé du commandement et remplacé par le lieutenant-général Sir Julian Byng qui dirigera le corps canadien dans certaines de ses batailles les plus réussies.
Le 14 mai 1916, la compagnie de transmission de la 4e Division canadienne se forme à Shorncliffe, en Angleterre, avec du personnel du Canadian Engineers. Le 10 août 1916, elle part pour la France. La section de poseurs de câbles du CE est formée le 20 août et part pour la France le 9 octobre et la section de poseurs de câbles du FC se retrouve le 7 novembre à Crowborough, le domicile du dépôt du Génie en Angleterre. La section de poseurs de câbles FC part pour la France le 17 janvier 1917.
En juin 1916, le dépôt du génie déménage d’Ottawa à Valcartier, mais laisse en arrière le volet des transmissions. Ce dépôt d’instruction des transmissions, à Ottawa, est limité à la télégraphie visuelle et filaire, car les quatre postes de T.S.F. Marconi disponibles sont désuets et de peu d’utilité. Le dépôt d’instruction des transmissions ferme au milieu de l’été 1918.
Le 2 juin 1916, c’est le tour de la 3e Division canadienne au mont Sorrel. Après un bombardement d’artillerie massif et l’explosion de quatre mines sous le mont Sorrel, les Allemands attaquent. Le PPCLI, malgré des pertes de 400 hommes, tient le coup sur le flanc gauche, tandis que les 4eet 5e bataillons, avec presque 90 % de pertes, sont anéantis. Dans la contre-attaque canadienne, immédiate, mais manquée, les transmissions « vont de travers », l’artillerie est mal coordonnée et insuffisante, et des pertes massives viennent s’ajouter aux premières. De nombreux officiers « reçoivent leur congé » à la suite de la débâcle et le lieutenant-général Sir Julian Byng, le commandant du Corps d’armée canadien, confie la responsabilité de la bataille au major-général Arthur Currie. Le 12 juin 1916, les Canadiens contre-attaquent. Le bombardement préliminaire, égal à l’assaut allemand original, est arrêté quatre fois pour permettre aux Allemands d’amener des troupes à leurs défenses, puis est remis en marche. En moins d’une heure, le terrain perdu est regagné et est par la suite tenu malgré les 10 jours de contre-attaque des Allemands. Les pertes canadiennes s’élèvent à 8 000 hommes tandis que les Allemands perdent 5 675 hommes. La bataille marque la fin de l’infâme fusil Ross adopté à l’insistance de Sir Sam Hughes, le Ministre canadien de la Milice. Malgré quelque 80 modifications, le Ross ne fonctionne tout simplement pas dans la boue et, après le mont Sorrel, les soldats canadiens sont finalement doté de Lee-Enfield. L’effondrement du fusil Ross amorce l’effondrement de Sir Sam Hughes comme Ministre de la Milice et de la Défense.
La bataille de Hooge se déroule du 6 au 13 juin.
Le 31 août 1916, les pertes canadiennes se montent à 8 644 morts, 27 212 blessés et 2 005 hommes portés disparus.
Le 16 septembre 1916, les Canadiens prennent Courcelette et font 1 200 prisonniers.
Le 8 novembre 1916, préoccupé par la sécurité, le Canada exclut tous les journaux de Hearst et le service International News se voit refuser l’utilisation des câbles télégraphiques français.
Le 13 novembre 1916, le général Sir Sam Hughes démissionne du poste de Ministre de la Milice et de la Défense.
En décembre 1916, les Britanniques autorisent un sous-élément du Corps royal d’aviation appelé le Corps royal d’aviation Canada, et la mise sur pied d’escadrons d’instruction au Canada. Il s’agit, à une échelle plus petite, d’un précurseur du programme britannique d’instruction aérienne du Commonwealth de la Seconde Guerre mondiale. La formation des pilotes commence au camp Borden au début mai 1917 et le premier aéroport militaire du pays est ouvert le 2 juin 1917. Afin d’éviter le mauvais temps, la formation d’hiver se donne au Texas dans le cadre d’une entente réciproque où les pilotes américains y reçoivent leur formation. Le personnel navigant et le personnel au sol sont donné en appui au Royal Flying Corps par l’armée canadienne et se trouvent sous le commandement britannique. Cependant, ils continuent d’être payés par le Canada et, par conséquent, ils ne reçoivent ni allocation de vol britannique ni avancement, ce qui constitue une source de mécontentement.
En 1917, les chiens messagers se joignent au service de pigeons. Pendant la Première Guerre mondiale, on produit des masques à gaz pour les chiens et les chevaux afin qu’ils les portent au besoin et puissent continuer de travailler en « milieu chimique ».
En 1917, les émetteurs radios sont pour la première fois montés dans des aéronefs où ils sont utilisés. Un pilote, agissant comme observateur d’artillerie, transmet ses ordres à la station terrestre sans obtenir de réponse, puisqu’il n’y a pas de récepteurs montés dans l’aéronef. L’émetteur occupe l’espace du cockpit habituellement utilisé par l’observateur et une antenne remorquée est utilisée, mais il faut la rembobiner dans l’aéronef avant l’atterrissage. Un nouveau système, « les panneaux Popham », est développé pour la transmission de signaux du sol vers les aéronefs. Des panneaux de tissus étendus sur le sol donnent une confirmation visuelle des signaux radio reçus de l’aéronef. Ce système devient par la suite un système de transmission sol-air courant dans les unités du front.
En 1917, le service des Transmissions en France (comprenant le personnel du CE et du CSC) a atteint la taille de quatre compagnies de transmissions divisionnaires, de deux compagnies de transmissions d’artillerie et d’une compagnie de transmissions de corps. Cette année-là, ils construisent un système de maillage de lignes comportant quelque 7 000 milles de câbles enfouis dans la zone avancée et 43 000 milles de câbles suspendus. pendant la bataille de la Somme, ce réseau est complété, dans les zones avancées, par des estafettes, des transmissions visuelles et des pigeons.
Du 9 au 12 avril 1917, le Corps d’armée canadien sort victorieux de la bataille de la crête de Vimy. Il s’agit de la seule victoire alliée d’importance en 1917, mais elle entraîne chez les Canadiens 10 % de pertes qui comprennent 3 598 soldats morts au combat ou mourant de leurs blessures. Bien que la T.S.F. ait fait de grands pas dans son développement, son utilisation est restreinte par manque de tubes à vide de rechange. Quand les États-Unis commencent à se préparer à prendre une part active à la guerre, la source de tubes à vide de DeForest (les tubes à cathodes chaudes, comme on les appelle alors) s’épuisent tandis que la seule autre source d’approvisionnement, les tubes Western Electric, est incapable de production de masse.
Le 3 mai 1917, les Canadiens capturent Fresnoy au cours d’une nouvelle attaque par les Forces britanniques sur un front s’étendant sur 12 milles, du sud de Loos au sud-ouest de Lens.
Au cours de juin 1917, les Canadiens participent à un certain nombre d’opérations dans le secteur de Lens.
Le 8 juin 1917, le capitaine Elroy Forde est promu major, et il est le troisième officier à avoir ce grade au Canadian Signal Corps. Les autres officiers promus majors auparavant sont D.E. Mundel et T.E. Power, le 18 mai 1914. Le major Bruce Carruthers (liste des disponibles) et le major F.A. Listor (Royal Canadian Regiment), bien qu’ils dirigent pratiquement le corps, demeurent des membres de leurs corps d’appartenance.
Le 12 juin 1917, afin d’éliminer toute confusion quant aux corps d’appartenance des unités de transmissions canadiennes, le Quartier général du Corps d’armée canadien publie l’ordre courant 1283 qui stipule que les transmissions, à partir de cette date, seront connues sous le nom de « Canadian Signals, Canadian Engineers ». L’Ingénieur en chef ayant l’impression que les membres du corps des transmissions d’avant-guerre devraient avoir la permission de porter leur propre insigne s’ils le désirent, le commandant du corps décrète que le changement d’insigne serait laissé à la discrétion des commandants divisionnaires.
En juillet 1917, la T.S.F. trouve sa place entre le corps et les divisions. Il s’agit d’appareils à éclateur au départ, mais les appareils à ondes entretenues, rendus possibles par l’invention du tube à vide, les remplacent rapidement.
La T.S.F. est utilisée pour la première fois par les Canadiens à la fin juillet 1917 pour le réglage du tir de l’artillerie lourde à la colline 70. Au départ, il y a sur la crête de Vimy un appareil qui sert à l’officier observateur avancé tandis que, à l’arrière, un autre appareil se trouve au central téléphonique de l’artillerie et que les correction sont transmises par téléphone depuis le central jusqu’aux canons. Pour l’attaque survenue en août 1917, deux appareils de T.S.F. sont utilisés, les appareils avancés se déplaçant vers l’avant selon le déroulement du combat. Ils sont particulièrement utiles puisque les câbles sont souvent endommagés. En novembre 1916, la T.S.F. est utilisée couramment.
Le 12 octobre 1917, il ne se fait plus de recrutement de personnel pour les transmissions. Les besoins futurs sont comblés à même le personnel de la 5e Compagnie des transmissions divisionnaires qui est dissoute au début de 1918.
Le 6 novembre 1917, les Canadiens s’emparent de Passchendaele , au sommet de la crête dominant la plaine des Flandres. Les Canadiens défendent Passchendaele contre une forte attaque ennemie le 7 novembre 1917, font une avance de 600 verges sur un front de 300 verges et font 140 prisonniers le 7 novembre 1917, conservent Passchendaele encore le 14 novembre 1917 et s’emparent d’une ferme à Passchendaele le 17 novembre 1917.
Le 1er décembre 1917, les souscriptions au Dominion Victory Loan, au Canada, atteignent 416 000 000 $.
Le 6 décembre 1917, une terrifiante explosion secoue Halifax quand un navire de transport de munitions français, le Mont Blanc, entre en collision avec un navire de secours belge, l’Imo. Près de 1 300 personnes meurent et des milliers sont blessées. La ville de Halifax subit des dommages d’environ 25 millions de dollars. Les gouvernements britanniques, américains et du Dominion donnent chacun 5 millions de dollars en fonds de secours tandis que diverses villes donnent des sommes plus petites.
Le 17 décembre 1917, le gouvernement de Coalition, dirigé par Sir Robert Laird Borden, l’emporte au scrutin fédéral canadien.
Le second service d’aviation canadien par opposition à impérial (ou contrôlé par les Britanniques), est le Service aéronaval de la Marine royale du Canada, un élément de la Marine royale du Canada, est utilisé pour la défense de la côte est du Canada à partir de mars 1918. Il est dissous en décembre 1918.
Le 14 mai 1918, la Section de topographie du Corps d’armée canadien est autorisé. Elle est formée de la Section de topographie du Corps d’armée et de la Section de l’observation du renseignement, et elle compte cinq officiers et 172 militaires du rang, dont un grand nombre, y compris le commandant, sont du CE. Cette nouvelle unité est souvent citée comme unité des transmissions du Canadian Engineers, car elle est administrée par le service des transmissions du Corps d’armée et qu’elle utilise des appareils de T.S.F. Sa fonction consiste cependant à faire le repérage par éclats du feu ennemi et à en faire le tracé, ainsi que le réglage précis de l’emplacement des batteries d’artillerie. Elle ouvre la voie aux sections de topographie d’artillerie.
Le 15 juin 1918, une école de transmissions du Corps d’armée canadien commence à donner une formation en T.S.F. à Aubin-Saint-Vaast, en France.
Pendant les avances alliées qui commencent le 8 août 1918, la T.S.F. devient le principal moyen de communication du Corps d’armée canadien. La force indépendante canadienne (basée sur une brigade de mitrailleuses) qui procède à une pénétration profonde découvre que la T.S.F. est tout ce qui est nécessaire. Pendant les 11 jours que durent les manœuvres, les Canadiens transmettent 1 400 messages par radio.
En septembre 1918, les Canadiens participent à un combat très mobile, pour l’époque. Avec l’utilisation intensive de la T.S.F. et les quantités toujours croissantes du matériel fourni, les besoins en mobilité commencent à dégarnir les ressources nécessaires au déplacement du matériel. Des appareils radio légers voyagent dans quelques camionnettes ou automobiles légères qu’il est possible de se procurer sans trop de difficulté, tandis qu’un déplacement par les moyens ordinaires comme les avant-trains du Génie royal signifient invariablement une remise en état intensive après chaque mouvement.
Pendant le mois de septembre 1918, les stations de T.S.F. du Corps d’armée canadien reçoivent en moyenne 118 messages par jour, les stations divisionnaires en recevant en moyenne 42 (la 4e Division était la plus occupée, à 74 messages par journée d’opération). La plupart des transmissions se font par codes, les opérateurs faisant tout le chiffrement et le déchiffrement. Bien que, pendant l’avance des alliés, il y ait quelques tentatives d’utilisation des lignes allemandes capturées, on découvre bientôt qu’il est plus rapide et plus facile de mettre en place de nouveaux câbles.
Au début novembre 1918, la cadence de l’avance des alliés mine rapidement la capacité des services téléphoniques. les stocks de câble s’épuisent et les services d’estafettes sont poussés à la limite. Arrive alors le repos! Le 10 novembre, une radiodiffusion depuis la Tour Eiffel, à Paris, donne le premier avertissement explicite de la fin des hostilités et, le lendemain matin, la radio de la Première armée (britannique) confirme la nouvelle. La radio du Corps d’armée canadien transmet alors le message suivant à toutes les stations, le matin du 11 novembre :
G 121
Les hostilités cesseront à 1100K le 11 novembre Les troupes occuperont la position atteinte à cette heure et signaleront cette position au QG du Corps d’armée.
aaa
Les mesures défensives seront maintenues Il n’y aura aucune relation de quelque sorte que ce soit avec l’ennemi D’autres instructions suivront Divisions GOCRA CCHA CMGC CE Répété à toutes les unités touchées
Accuser réception
Corps canadien 0605K
À 11 heures, le 11 novembre 1918, la Première Guerre mondiale prend fin. À la fin de la guerre, 619 636 personnes s’étaient jointes à l’Armée canadienne et 59 544 étaient mortes.
Le 18 novembre 1918, les divisions canadiennes commencent à se déplacer en Allemagne après avoir traversé le Rhin. Les communications se font avec le nouvel appareil radio « Tyrell » britanniques montés dans des wagons couverts Crosley. Le service des transmissions du Corps d’armée, qui s’est concentré à Mons le 16 novembre, part pour l’Allemagne le 24 novembre.
Du 20 au 25 novembre 1918, deux unités entièrement canadiennes du Corps royal d’aviation, Canada constituent les escadrons 1 et 2 de l’Aviation canadienne. Ces escadrons de l’Aviation canadienne sont des unités impériales formées à la suite de la décision des britanniques de constituer la Royal Air Force, le 1er avril 1916. À ce titre, le personnel est formé de Canadiens fournis en appui à la Royal Air Force, mais les escadrons ne relèvent pas de quelques chaînes de commandement militaire canadiennes ou du gouvernement canadien. Ignorant ce fait ainsi que la redésignation de la Royal Air Force, le Canada continue d’attacher du personnel canadien au Corps royal d’aviation. Formés trop tard pour aller au combat, les escadrons sont dissous en 1920.
Le 9 décembre 1918, le Wireless Telegraphy Report Centre est à Bonn, en Allemagne, et, le 11, la section de la T.S.F. s’établit à Ippendorf et le service des transmissions du Corps d’armée arrive à Bonn. Le 14 décembre, la 2e Service des transmissions divisionnaires arrive à Bonn et le service des transmissions de la 1re Division atteint Marienburg-Koln le 15 décembre.
Le rapatriement commence au cours de la nouvelle année quand la 3e Compagnie de transmissions divisionnaires quitte l’Angleterre à la mi-février 1919. Il arrive à Witley, en Angleterre, le 19 février, et part pour le Canada, sur le Baltic, le 12 mars. Le 1er Service de transmissions divisionnaires et des éléments du service des transmissions du Corps d’armée quittent le continent à la fin de mars, et part le 6 mai sur le Scotian en route vers Toronto. La 2e Compagnie de transmission, la Troupe de transmissions de la Cavalry Brigade et d’autres éléments de transmissions du Corps d’armée partent à destination du Canada sur le Cedric, le 19 mai. La 4e Compagnie des transmissions divisionnaires, la dernière, arrive à Witley le 10 mai et part sur le Mauritania, le 31 mai. Les derniers éléments de transmissions du Corps d’armée quittent l’Angleterre en bateau en juin 1919. Toutes les unités de transmission du Corps expéditionnaire canadien sont officiellement dissoutes par l’Ordonnance générale 210, le 15 novembre 1920.
Pendant la Première Guerre mondiale, les préposés aux transmissions se sont mérité les honneurs et décorations suivantes :
CB - 2, CMG - 4, DSO - 6, DSO/Barre –- 1, OBE –- 2, MBE – 1, MC – 51, MC/Barre – 1, DCM – 43, DCM/Barre – 1, MM – 335, MM/Barre –- 34, MSM – 33, MID – 88, et des décorations étrangères – 17.
LA RÉVOLTE DES OPÉRATEURS
La lettre suivante a été trouvée parmi les documents de W.A. Steel, dans la boîte 31 des archives du Musée. Le mécontentement au sujet de la rémunération, bien qu’un thème courant des membres des forces militaires canadiennes, a rarement été traité de cette façon et, particulièrement, pas en service actif où une telle missive pourrait être considérée comme relevant de la mutinerie. Ce « mémoire » ne porte pas de date, mais il semble avoir été rédigé à un certain moment, en 1918, quand les Américains étaient déjà présents. Il faut aussi noter le dédain que ces professionnels ont pour les opérateurs « formés par l’Armée ».
« Au directeur adjoint des transmissions,
Corps canadien, en campagne
Nous savons que le fait de représentations communes en vue de l’amélioration des conditions est mal vu dans l’Armée, mais, ayant souvent lu dans la Presse et entendu dire par les orateurs du Ministère que le Corps d’armée canadien est vraiment une force démocratique, et ayant entendu cette déclaration reprise par nos propres officiers (bien que rarement conservée à l’esprit), nous entreprenons cette démarche pour attirer l’attention sur l’actuel taux anormal de solde des télégraphistes servant en campagne. Nous faisons ce travail non seulement comme soldats canadiens, mais aussi comme citoyens canadiens et, pour cette raison, nous transmettons des copies du présent mémoire aux autorités civiles compétentes.
Les télégraphistes canadiens sont actuellement payés au taux général de 1,10 $ par jour. Nous croyons que ce montant devrait être augmenté et se situer à 3 $ par jour pour tous les télégraphistes employés et faisant fonctionner les instruments de « sondage » commerciaux réguliers, pour les raisons indiquées ci-dessous. Le cas des opérateurs de ronfleurs ayant reçu une formation de l’Armée est différent et pourrait faire l’objet d’un examen distinct.
1. Le principe d’une rémunération plus élevée pour les travailleurs techniques et compétents est reconnu dans les Forces canadiennes.
- pour les autres combattant travaillant comme commis de la salle des rapports, sténographes, chauffeurs, cuisiniers et autres professionnels de spécialisation moyenne;
- pour les non-combattants employés dans le corps de foresterie, dans le corps de construction du chemin de fer, au bureau de la solde et ailleurs.
Il est proposé qu’un télégraphiste qualifié ait droit au même salaire au moins qu’un bûcheron. Un bon nombre de ces derniers reçoivent déjà 3 $ par jour.
2. Toutes les forces militaires du monde de la grosseur du Corps d’armée canadien donnent aux télégraphistes un montant supérieur. Le Royal Engineer Signals britannique et le Signal Corps américain peuvent être mentionnés comme des cas particuliers et les télégraphistes, dans ces deux cas, reçoivent à peu près deux fois la solde générale.
3. Les télégraphistes canadiens donnent – et ont donné pendant près de quatre ans – le bénéfice de toute leur vie d’expérience civile à l’effort militaire du Dominion et on a l’impression qu’ils ont droit à la reconnaissance de leur habileté technique et de leurs compétences spéciales plus que de nombreuses autres classes qui bénéficient de cette expérience. La télégraphie n’est pas une profession qui peut être acquise dans un cours de 10 jours, mais il faut quelques années de pratique continue pour acquérir la compétence. Dans ce sens, cela contraste fortement avec la sténographie, la cuisine et d’autres métiers qui font déjà l’objet d’une solde supérieure.
4. Un grand nombre des soussignés ont reçu au moment de l’enrôlement des promesses précises de solde supérieure de la part d’officiers responsables. Les opérateurs de pratiquement tout l’effectif de la première et de la deuxième division canadienne ont été recrutés à partir de cette entente et ce sont des considérations patriotiques seulement qui ont jusqu’à maintenant empêché qu’ils ne poussent leur cause. Cependant, la durée inattendue de la guerre et les pertes financières qui en découlent pour nous tous nous forcent à demander que l’on porte une attention particulière à ce que nous croyons être une anomalie patente.
Nous demandons respectivement que vous transmettiez ce mémoire par les voies appropriées au Ministre de la Milice afin qu’il l’étudie.
Signé par tous les télégraphistes du Corps d’armée canadien. »
Suivent les signatures de 256 individus
Il est intéressant de noter que des plaintes similaire venaient des membres de l’Armée canadienne qui étaient envoyés en appui au Corps d’aviation royal, plus tard la Royal Air Force. Ces Canadiens, du fait d’une politique du gouvernement canadien, se voyaient refuser l’indemnité de vol et les indemnités connexes versées à leurs équivalents britanniques. Au même moment, un grand nombre de ces mêmes Canadiens se voyaient refuser les possibilités de promotion du fait d’une politique britannique. Les « colonisés » étaient tout simplement trop rudes et prompts pour les délicatesses de la hiérarchie de l’élément de l’air britannique.
Table des matières Page suivante : Chapitre 4 - L'entre-deux-guerre
